Je suis un fils de l’Eglise qui, étant parti faire un voyage loin de chez lui, décide enfin de rentrer. J’étais pourtant dans l’ignorance de son existence, essayant de construire moi-même la maison de mes rêves. Comment donc savoir que l’Eglise avait une place pour moi ? Je me trouvais alors dans ce que saint Augustin appelle un « adultère spirituel ». Il m’avait été expliqué plus jeune que Dieu n’existait pas, et je ne sais pas trop pourquoi, je crus bien volontiers ces paroles, quoi que j’aurais pu croire de la même manière le contraire s’il me l’avait été soufflé.
Alors puisque Dieu n’existait pas, il fallait bien combler ce vide et je me suis mis à la recherche d’une autre vérité, m’écartant du même coup de la seule véritable.
Je me dirigeai vers l’armée en quête d’une vérité dans les relations humaines qu’elle seule pourrait m’offrir…
A l’issue d’un été de débauche – j’emploie le terme dans sa signification la plus étendue – je fus pris en plein milieu d’une nuit, d’un besoin de prier. J’en fus le premier surpris puisque Dieu, c’était pour les autres. Et puis, me dis-je, tu ne sais même pas prier. Tu es ridicule tout seul au milieu des bois (au loin la fête battait son plein), si les gens te voyaient, ils riraient bien.
J’aurais pu mettre ça sur le compte de l’alcool mais j’étais désespérément sobre et désespérais tout court. Soudain, je ne me sentais plus seul et une chaleur bienveillante s’empara de mon coeur et me plia les genoux pour la première fois.
Et pour la première fois, je lui adressais officiellement ma demande de pardon et de miséricorde. Dans ma prière sans issue, une lumière venait de m’indiquer une porte. J’allais mettre six ans à l’ouvrir.
Six années de tâtonnements, de questions, de renoncement et surtout cette rencontre avec celui qui deviendra mon parrain. Ce porteur de lumière qui m’a tendu la main et m’a indiqué le chemin sans même s’en rendre compte. Cet apôtre du Christ qui m’a donné les clés pour ouvrir la porte que je contemplais maintenant depuis trop longtemps.
Trente petites minutes devant la croix auront suffi à mettre un trait sur 26 années passées à l’ombre de son Amour…
Témoignage de Pierre, catéchumène, Pâques 2009