Passons la 4ème semaine de carême avec les soeurs carmélites du Pater Noster sur le Mont des Oliviers
Pour la quatrième semaine de carême, marchons avec les soeurs du Carmel du Pater Noster sur le Mont des Oliviers de Jérusalem.
Elles nous confient cette intention de prière :
Prions pour la paix, pour les chrétiens menacés, pour les familles en détresse, pour les pélerins empechés de venir. Cette flamme sur la montagne sainte, c'est l'Eglise qui veille. C'est la Terre sainte qui résiste.
Qu’est-ce que les soeurs ont à nous dire de la situation qu’elles vivent en ce carême 2026 ?
Jérusalem, ville trois fois Sainte. Sur son flanc oriental, à 826 mètres d’altitude, s’élève le Mont des Oliviers. C’est là que Jésus a pleuré sur la ville. C’est là qu’il a enseigné à ses disciples la prière du Notre Père. C’est là que ses pieds ont foulé la terre avant l’Ascension. Et c’est là que nous vivons, carmélites de Jérusalem.
L’Ordre du Carmel est un Ordre ancien dans l’Église et ses racines plongent dans cette Terre Sainte où nous vivons. À la fin du XIIᵉ siècle, des ermites latins s’installèrent sur les pentes du Mont Carmel, animés par le désir d’imiter le prophète Élie — contemplatif de feu brûlant de zèle pour Dieu. Ces ermites vivaient dans le silence, méditant la Parole de Dieu jour et nuit.
Depuis plus de 150 ans maintenant, nous vivons de leur héritage, recueillies par Thérèse de Jésus et Jean de la Croix, implantées au Mont des Oliviers par Mère Xavier Deschamps et la Princesse de la Tour d’Auvergne. Nous sommes aujourd’hui treize sœurs de 33 à 103 ans, de plusieurs nationalités. Nous vivons à Jérusalem-Est, un quartier palestinien musulman. Nous y sommes insérées dans la simplicité et le respect mutuel, au carrefour des trois religions, espérant être, par notre présence silencieuse et notre prière, un signe de paix et de fraternité.
La situation des chrétiens en Terre Sainte est d’une fragilité extrême. À Jérusalem-Est, à Bethléem, en Cisjordanie, à Gaza, partout les communautés chrétiennes vivent sous la pression des conflits, de l’émigration, de la précarité économique. La récente pandémie de Covid a marqué une première rupture profonde. Pendant de longs mois, les frontières d’Israël ont été difficiles à passer et les pèlerinages en Terre Sainte totalement interrompus.
Notre monastère, qui vit de la vente de produits artisanaux réalisés par nos sœurs et de l’accueil des pèlerins, s’est retrouvé sans visiteurs, sans hôtes et sans ressources régulières. Alors que nous espérions une reprise progressive, les événements tragiques du 7 octobre 2023, la guerre qui a suivi et le présent conflit qui s’étend au Moyen-Orient ont à nouveau plongé la région dans une grande instabilité. Les pèlerinages ont été annulés presque entièrement. Les groupes paroissiaux et diocésains ont suspendu leurs voyages. Les rues de Jérusalem, autrefois animées par la prière et la diversité des langues, sont devenues silencieuses.
Les objets que nous confectionnons avec patience et prières — icônes, chapelets, bougies, confitures — ne trouvent plus d’acheteurs. Nos ateliers continuent de fonctionner, mais les étagères restent pleines. Nos dépenses quotidiennes, elles, demeurent inchangées et la réalité matérielle devient chaque mois plus préoccupante.
Notre vocation est la prière au cœur de la Terre Sainte, dans la fidélité silencieuse et l’offrande cachée. Nous vivons ici comme présence d’intercession pour l’Église et pour la paix. Nous ne recherchons pas uniquement l’aide financière, mais bien aussi un lien vivant avec ceux qui, à travers le monde, se sentent unis à la Terre Sainte. Votre soutien, sous quelque forme que ce soit — prière, relais d’information, aide concrète — nous permet de demeurer dans cette terre où le Christ a vécu, souffert et donné sa vie.
Sur le Mont des Oliviers, quand la nuit tombe sur Jérusalem, quand les lumières de la vieille ville brillent dans l’obscurité du désert de Judée, notre chapelle reste éclairée. Nous prions. Nous prions pour la paix, pour les chrétiens menacés, pour les familles en détresse, pour les pèlerins qui sont empêchés de venir. Cette flamme sur la montagne, c’est l’Église qui veille. C’est la